Carlos Alcaraz contre Jannik Sinner : à qui le numéro 17 portera-t-il chance ?

Videomax

La première étincelle a eu lieu à Paris-Bercy, le 3 novembre 2021. Au deuxième tour du Masters de Paris, Alcaraz s’impose en deux sets serrés, 7-6 7-5. C’est encore le début, mais déjà le fil rouge de la rivalité se dessine : équilibre, accélérations soudaines, points joués toujours à la limite. Dès lors, l’affrontement prend de l’ampleur et se déplace sur les grandes scènes.

En 2022 surviennent trois matchs qui définissent d’emblée la profondeur du face-à-face. À Wimbledon, Sinner domine les huitièmes de finale en quatre sets, faisant preuve d’une nette supériorité pendant de longues périodes. Quelques semaines plus tard, à Umag, l’Italien remporte également la finale sur terre battue, confirmant qu’il peut résister au rythme et à la variété de l’Espagnol, même sur une surface moins immédiate pour son tennis. Puis vient la nuit de l’US Open, probablement l’un des chapitres les plus emblématiques de la rivalité : cinq heures et dix-huit minutes, quarts de finale, victoire d’Alcaraz en cinq sets après une bataille acharnée. C’est le match qui place leur duel dans une dimension supérieure.

En 2023, l’équilibre reste parfait. Alcaraz remporte la demi-finale à Indian Wells, Sinner répond à Miami et réitère à Pékin. A ce moment-là, le bilan est de 4-3 pour l’Italien, signe d’une rivalité très ouverte, où personne ne peut vraiment prendre le dessus. Chaque match ressemble à une correction du précédent : quand l’un donne l’impression d’avoir trouvé la clé, l’autre revient aussitôt pour tout remettre sur la table.

2024 marque un nouveau tournant. Alcaraz gagne à nouveau à Indian Wells et, surtout, s’impose en demi-finale de Roland Garros, en cinq sets, dans un défi difficile qui pèse non seulement pour le résultat mais aussi pour le contexte. Sinner tient, se bat, prend le match à bras le corps, mais c’est l’Espagnol qui s’en sort le mieux dans les moments décisifs. A partir de là, Alcaraz construit un avantage plus constant, grâce aussi à son succès en finale à Pékin, un autre match équilibré décidé par quelques détails.

2025 est l’année où la rivalité explose définitivement, aussi sur le plan symbolique. Alcaraz remporte la finale de l’Internazionali d’Italia à Rome et signe un nouvel exploit à Roland Garros, cette fois dans une finale de 5 heures et 29 minutes, l’un des matchs les plus dramatiques et les plus lourds de leur confrontation. Sinner, lui, ne plie pas. A Wimbledon, il prend la plus belle des revanches en battant Alcaraz en finale en quatre sets et en remportant l’un des plus beaux succès de sa carrière. C’est la réponse d’un champion, sur la scène la plus prestigieuse.

L’Espagnol se relance toutefois dans la dernière partie de la saison. Il remporte la finale de Cincinnati, interrompue par l’abandon de Sinner, puis la finale de l’US Open en quatre sets. Sinner parvient néanmoins à clore l’année sur un signal fort, en battant Alcaraz en finale des ATP Finals de Turin : un succès important, devant son public, qui rend le bilan global moins lourd et réaffirme que le défi est loin d’être terminé.

Ce n’est pas seulement le niveau technique qui fait la particularité de cette rivalité. C’est sa complétude. Sinner et Alcaraz se sont affrontés sur le béton, le gazon et la terre battue. Ils ont participé à des Masters 1000, des Chelems et des finales. Ils se sont croisés au premier tour, en demi-finale et en finale. Ils ont joué des matchs courts et des marathons épuisants. Ils ont tous deux gagné sur les courts les plus importants du monde. En d’autres termes, rien ne manque.

.

Vous aimerez aussi...